L’érotisation des enfants dans l’art

Que penser de l’art — ce qui se dit art — qui met en scène des enfants nus ? Il y a eu des photographes qui, dans les années 70, prenaient des enfants nus en photo.

Ève Pilyser, psychologue clinicienne, psychanalyste jungienne, membre de la Société Française de Psychologie Analytique et de l’Association de Psychanalystes et Psychothérapeutes Jungiens :

Ce qui est essentiel là-dedans c’est de différencier le privé du public et l’imaginaire du réel, au sens le plus basique du terme. C’est-à-dire un artiste qui chez lui, dans son atelier, peint un enfant dans des positions érotiques, fait un modelage – mais ça vient de son imaginaire, strictement -, fait un poème, ce qu’il veut… un dessin, et s’en sert pour son excitation, c’est dommage pour lui dans le privé. Il a le droit et il pourrait prétendre à une sexualité plus entière, plus élaborée. Mais ce n’est pas grave, ça ne fait de mal à personne.
Par contre, s’il expose ça, il en fait un objet de culture et il pervertit la culture. Et pour moi il y a toute une forme de culture qui est pervertie parce qu’on s’autorise tout sous couvert de culture. Mais non, ce n’est pas éthique ! On ne devrait pas amener ces questions-là, privées, dans la sphère publique, parce qu’à partir de là, ça devient pédophile, au sens de dommageable pour la société, pour tous ceux qui vont venir voir ça.
Et si on n’utilise pas seulement son imaginaire mais des enfants réels, pour les faire poser, pour une peinture ou pour des photos, que ce soit dans le privé ou dans le public, ça ne devrait pas être considéré comme quelque chose de faisable. C’est dommageable. On a fait du mal à cet enfant-là, en le prenant comme modèle, on lui fait encore plus de mal, on double la peine, en l’exposant publiquement. C’est d’une perversité féroce, sauvage, vraiment.

L’intégralité de chacun de ces entretiens est disponible gratuitement sur notre site internet et sur notre chaîne YouTube.