Chatter avec des mineurs sur internet, envoi de photos, grooming

Magali Teillard Dirat, psychologue clinicienne au Centre Ressources pour Intervenants auprès d’Auteurs de Violences Sexuelles (CRIAVS) Languedoc-Roussillon et au CHRU de Montpellier :

Le « grooming », c’est le « fishing ». Je vais récupérer le mineur, le rencontrer via un chat, une chose comme ça, je me fais passer moi-même pour un mineur, voire un jeune adulte, parce que les jeunes filles de 14 ans, les jeunes de 18 ans qui s’intéressent à elles, c’est intéressant. Sauf que ce qu’elles ne savent pas, c’est que le monsieur en a 40. La personne qui est derrière, le monsieur ou la dame, va demander « Est-ce que tu peux m’envoyer des photos de toi ? » Ils récupèrent des photos d’enfants nus. Donc, soit vous êtes sur la personne qui a ces fantasmes-là et qui va essayer d’attirer l’enfant en disant « Ce serait bien qu’on se rencontre dans la réalité », et on a aussi d’autres personnes qui sont sur des choses un peu plus financières, et vont faire chanter l’adolescent, et ça, c’est arrivé, certains sont même allés jusqu’à se suicider, en disant « Si tu ne me donnes pas de l’argent, je dis tout à tes parents, je dévoile les faits à tout le monde et je balance les photos sur le net ».

« Et j’envoie la photo à tes copains, à tous tes contacts ».

C’est ça. L’adolescent se retrouve un peu pris au piège.

Audrey Marlois, juriste spécialisée en criminologie au Centre Ressources pour Intervenants auprès d’Auteurs de Violences Sexuelles (CRIAVS) Champagne-Ardenne :

Le fait de faire des propositions sexuelles à un mineur de moins de 15 ans, ou à une personne qui se présente comme étant un mineur de moins de 15 ans, est aussi puni d’emprisonnement. On est sur des peines de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 € d’amende ; des peines qui sont plus lourdes si, à la suite de ces propositions, une rencontre a lieu. Là, on est sur des peines de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 € d’amende.

Et le fait d’envoyer une photo de ses parties génitales à un enfant, c’est condamné par la loi ?

On pourrait éventuellement retenir des faits de corruption de mineurs passibles de peines d’emprisonnement de cinq ans et de 75 000 € d’amende, aggravé en fonction des circonstances de la commission de l’action.

L’intégralité de chacun de ces entretiens est disponible gratuitement sur notre site internet et sur notre chaîne YouTube.