Abus sexuels des enfants : comment se fait le dépôt de plainte ?

Violaine Chabardes, adjudante-Chef, commandant la Brigade de Prévention de la Délinquance Juvénile (BPDJ) de Lyon, Gendarmerie nationale :

Le dépôt de plainte concerne uniquement les adultes. Souvent ce sont les parents ou l’adulte référent. Quand vous allez concrètement vous présenter à la Gendarmerie, la personne qui va signaler les faits va être entendue. Elle va expliquer comment elle a eu connaissance des faits, ce qu’elle a entendu ou vu, et éventuellement tout ce qu’elle a à dire sur les faits concernés. À partir de là, le Gendarme qui va prendre l’audition va nous solliciter. Il va prendre rendez-vous avec nous, en tout cas nous appeler pour savoir quand est-ce qu’on va pouvoir procéder à l’audition de l’enfant concerné par ce dossier. Quand je dis rendez-vous, c’est un peu paradoxal en parlant des enfants, mais on essaie de se mettre le mieux à disposition de cet enfant. Je m’explique : quand c’est un enfant tout petit, on ne va pas tout de suite aller l’auditionner. On va prendre le temps de savoir s’il vaut mieux l’entendre le matin, l’après-midi, le soir, si c’est une question d’urgence, s’il vaut mieux attendre… Je donne un exemple : un enfant qui doit partir en vacances alors que les faits se sont passés quelques mois ou quelques années auparavant et qu’il n’est plus en contact avec son auteur. Si le soir où il doit partir en vacances, on va l’auditionner, il va prendre cela pour une sanction. Il va se dire : « J’ai parlé, et je suis puni, je ne peux pas partir… » Donc on essaie de s’adapter au mieux à la personnalité de l’enfant ou à ce qu’il est.

À partir de là on va aller très vite, on va mettre en place un protocole, qui fait que cet enfant va être reçu ici, dans notre structure, avec un environnement qui est favorable à la prise en compte de cette parole, avec des Gendarmes qui sont tous formés, tous volontaires, et qui ont beaucoup de patience, qui prennent le temps d’entendre cet enfant mais aussi d’accompagner les parents. On s’est rendu compte que, au mieux les parents étaient en confiance avec nous, et au mieux l’enfant allait parler avec nous et faire des révélations. C’est vraiment une prise en charge globale et générale de la victime et non pas simplement l’audition de l’enfant.

L’intégralité de chacun de ces entretiens est disponible gratuitement sur notre site internet et sur notre chaîne YouTube.